Rencontre à la librairie Alterlivres à Sauve (30) le samedi 21 mai

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Présentations et rencontres dans le Livradois-Forez les 6 et 7 mai 2022

Le vendredi 6 mai à la salle des fêtes de Saint-Amand-Roche-Savine (63)

À partir de 19h : Présentation de la revue Nunatak et de l’association Recrue d’essence. Face aux plantations massives de résineux sur le territoire du Livradois-Forez et à la gestion extractiviste de la ressource bois, les membres de Recrue d’essences s’organisent collectivement pour l’acquisition et la gestion de parcelles forestières basée sur une approche alternative de la sylviculture, via des peuplements irréguliers et des interventions humaines douces.

À 21h : Projection de Forêts françaises en quête d’avenir, documentaire de Camille Geoffray.
Alors que l’exploitation des forêts est aujourd’hui confrontée à une contestation croissante au sein de l’opinion publique, deux journalistes, Alice Mariette, spécialiste des questions économiques et Grégoire Souchay, qui travaille sur les problématiques environnementales, décident d’aller à la rencontre de celles et ceux qui animent la filière forêt-bois française. Au fil des déplacements et des rencontres sur le terrain, ils découvrent une filière secouée par une crise idéologique sur fond de changements climatiques. Ils échangent avec forestiers, économistes, chefs d’entreprise; et tentent, avec leurs approches complémentaires, de comprendre les enjeux de cette crise ainsi que les solutions proposées par les différents acteurs de la filière. Comment la France prépare aujourd’hui sa forêt, ses forêts, à un avenir incertain ?

Soirée entrée libre, auberge espagnole ramène ton glou et ton miam !

Le samedi 7 mai à L’Élégante, 7 rue de Goye à Ambert (63)

A partir de 18h : Présentation de la revue Nunatak ainsi que des collectifs en lutte contre les éoliennes industrielles du col de la Loge et de Gumières.
Historique des projets et des luttes, actualités, topo sur la production, le transport, l’utilisation de l’électricité, la production d’hydrogène. Réflexions sur le rapport entre énergies et pouvoir, et le mythe de la décentralisation de l’électricité par les éoliennes. Échanges sur les luttes contre l’industrialisation des montagnes et de l’avenir.

Soirée à entrée libre, auberge espagnole et bar ouvert au profit du collectif de l’Elégante.

Au plaisir de vous y voir !

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Présentation à Arudy (64) vendredi 1er avril à 19h30

Enfin une présentation de Nunatak !

À l’occasion de son week-end de rédaction en Béarn, l’équipe de la revue propose une présentation publique ce vendredi 1er avril, dans la géniale librairie La Curieuse d’Arudy (64)

Venez donc discuter avec nous à partir de 19h30

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Parution de Nunatak n°7 (octobre 2021)

Le numéro 7 de Nunatak, revue d’histoires, cultures et luttes des montagnes, vient de paraître !
La revue est disponible en version papier dans nos lieux de diffusion ainsi que sur notre blog en version numérique librement téléchargeable.

Si vous souhaitez vous faire envoyer des exemplaires, vous pouvez nous contacter (revuenunatak-diffusion(at)riseup.net) en précisant le nombre ainsi que l’adresse de réception.
Il est aussi possible de s’inscrire dans notre carnet d’adresses et de recevoir les prochains numéros dès leur parution. Il suffit de nous le préciser lors de votre commande.

Remarque : Si vous vous étiez déjà manifesté pour être inscrit dans notre carnet d’adresses, pas la peine de répondre à ce mail, vous allez le recevoir sous peu !

L’équipe de Nunatak serait ravie d’être invitée à venir présenter ce nouveau numéro lors de soirées, voire de tournée de présentation dans vos régions ! N’hésitez surtout pas à proposer des dates et des lieux par chez vous ! Vous pouvez envoyer vos propositions à l’adresse email suivante : revuenunatak(at)riseup.net

Pour nous aider dans la diffusion, nous envoyer des propositions de textes, d’illustrations, des commentaires ou des critiques, c’est aussi ici :

revuenunatak(at)riseup.net

Bonne lecture !


Édito

Nous souhaitons faire de Nunatak, revue d’histoires, cultures, et luttes des montagnes un support à la diffusion d’idées émancipatrices et un outil pour provoquer discussions, débats et échanges dans des endroits où l’on ne nous attend pas forcément. Le tout avec ce qui nous anime réellement : porter un regard décalé sur les choses sans a priori idéologique ni formules politiques à vendre.

La situation actuelle complique l’émergence de ces espaces de rencontre. Comme partout la covid a eu un impact sur l’équipe de Nunatak. Les présentations et les rencontres autour de la revue se sont raréfiées et nous avons été ralentis dans la publication. Tout ceci a forcément une conséquence sur notre volonté de susciter la discussion autour des textes qui sont proposés pour en faire émerger des réflexions approfondies et collectives. Finalement, ces 64 pages ne représentent que la moitié de la revue !

Cela étant dit, la publication du numéro 7 nous ragaillardit car elle nous aura quand même permis à travers les discussions et les week-ends de rédaction de nommer ce qui ne nous plaisait pas dans le bordel actuel. Dans la suite de cet édito, nous nous proposons de partager quelques-unes de ces réflexions.

Il y a fort à dire sur la gestion gouvernementale de cette crise sanitaire. Le caractère répressif des confinements nous réduit de manière autoritaire à quelque chose qu’on menace puis qu’on rassure, qu’on confine puis qu’on déconfine, au rythme de décisions qui se soustraient à la critique, tout en donnant de nouveaux pouvoirs à l’État. Des décisions absurdes sur le plan sanitaire sont prises à répétition, jonglant entre danger du virus, sauvegarde de l’économie et maintien de la paix sociale.

Le fait de devoir réduire ses libertés a été vécu comme une contrainte, d’autant plus que les confinements ou le pass sanitaire sont présentés par les pouvoirs publics comme des « actes de solidarité au profit des populations les plus fragiles », ainsi séparées du reste de la population valide. L’opposition entre les jeunes et les plus vieux s’est vue renforcée, tout en creusant encore le fossé entre riches et pauvres.

Partant de ce constat, et puisque Nunatak se veut être une revue s’inscrivant dans le vaste champ de la critique sociale, on pourrait imaginer que tout mouvement s’opposant aux autorités pour réclamer plus de liberté attirerait notre soutien, ou tout du moins notre regard bienveillant. Mais ce n’est pas le cas.

Les mouvements de « résistance » aux mesures imposées par l’État pour faire face à la pandémie conjuguent à la fois le sentiment d’injustice provoqué par des mesures de privation de liberté individuelle, une nostalgie du « monde d’avant » où tous les commerces étaient ouverts, et la relativisation voire le déni de cette pandémie. Pour nous, refuser de prendre en considération les conséquences d’une circulation exponentielle du virus revient à ignorer les morts, les hôpitaux surchargés, ou encore les conditions de travail dégradées pour les travailleurs et les travailleuses.

Ces velléités de « résistance » nous semblent compatibles d’une part avec l’évolution néolibérale du capitalisme (laisser mourir ou isoler les plus faibles pour ne pas impacter le cours de l’économie), d’autre part avec une certaine tendance dans les discours de critique sociale à survaloriser des formes d’émancipation individuelles au détriment de la perspective d’un monde commun. L’aspect subversif de ces mouvements ne dissimule pour nous qu’une expression crue du chacun-pour-sa-gueule ambiant, qui ne date d’ailleurs pas d’hier.

Si nous ne proposons aucune marche à suivre pour renverser ce monde d’inégalités et de souffrance, nous trouvons préoccupante la mise en avant de solutions individuelles – pour ne pas dire individualistes – qui permettraient d’échapper, pour soi ou pour son groupe restreint, aux contraintes qui pèsent sur toutes et tous1. Finalement, ce contexte peut amener à voir d’un bon œil les théories les plus farfelues, à partir du moment où elles valident la légitimité d’un je-m’en-foutisme hédoniste ; il nous paraît plus que problématique que pullulent les thèses complotistes surtout quand certains et certaines s’organisent autour de ces idéologies. Celles-ci s’appuient sur la mise en avant d’explications simplistes pour comprendre une réalité sanitaire complexe, incriminant par exemple une élite conspirant contre l’immense majorité de la population dans ses propres intérêts. Ce discours, en plus d’être un terrain fertile aux idées d’extrême droite, alimente la croyance en un pouvoir occulte et caché contre lequel seuls des initiés – ayant accès au savoir ou à l’information – pourraient résister. Il serait toutefois présomptueux de le réduire à de simples théories loufoques ou irrationnelles : le complotisme est une idéologie politique moderne dans laquelle l’ennemi n’est pas tant le capitalisme ou le pouvoir mais « ceux qui le manipulent dans les coulisses2 ». Comme si nous n’avions pas à nous battre contre les rapports sociaux qui gouvernent le monde – et nos existences – mais uniquement contre les mauvaises intentions des « élites ». Comme si l’exploitation et la domination n’étaient pas le résultat de rapports de force complexes qui ordonnent les relations sociales mais étaient dues à un plan intentionnel que seule une révélation – dans le sens religieux du terme – pourrait faire échouer.

Critiquer cette manière d’appréhender les choses s’avère souvent contre-productif, confortant au passage un sentiment de supériorité éclairée ! Il y a alors pour nous un réel enjeu à proposer une compréhension critique de ce monde, qui ne nie pas sa complexité. La question est alors « comment aujourd’hui renouer avec des perspectives d’émancipation collective ? » En somme, bouleverser les rapports de classes…

Si cet édito paraît quelque peu délaisser les sommets, soulignons tout de même que les spécificités géographiques des régions que nous habitons n’ont offert aucun particularisme montagnard notable à la lueur de cette crise (tant dans la gestion de celle-ci, que dans les théories confuses qui s’y baladent). Ce qui nous incite à répéter cette formule de l’édito du numéro 0 : il y a longtemps que les oasis ont été absorbées par le désert.

1 Comme cela a pu être formulé dans l’édito du numéro 5 de la revue.
2 Qu’ils dénoncent les juifs ou les pédosatanistes, le grand remplacement ou le lobby gay, des mouvements politiques de tout bord se saisissent de ces figures-épouvantails pour faire valoir leurs thèses.
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Parution de Nunatak n°6 (Automne-hiver 2020)

Le numéro 6 de Nunatak, revue d’histoires, cultures et luttes des montagnes, vient de paraître (il peut être téléchargé ici) et est disponible en version papier (consulter la liste des lieux de diffusion)

Si vous souhaitez recevoir des exemplaires, vous pouvez nous contacter en précisant le nombre désiré ainsi que l’adresse de réception. Dorénavant, pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore fait, il est possible de s’inscrire dans notre carnet d’adresses et de recevoir les prochains numéros dès leur parution. Il suffit de nous le préciser dans votre mail ou courrier.

Remarque : Si vous vous étiez déjà manifesté pour faire partie de
notre carnet d’adresses, pas la peine de nous demander le nouveau
numéro, vous allez le recevoir sous peu !

N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez nous aider dans la diffusion, participer à la revue, nous envoyer vos propositions de textes, d’illustrations, commentaires ou critiques.

Bonne lecture !
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Présentation de Nunatak au refuge de Font Turbat

Nunatak (re)vient au refuge de Font Turbat pour discuter de la revue !
Ce sera le vendredi 18 septembre à 18h.

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Présentation-discussion le Jeudi 12 mars à Pontarlier (25)

Deux membres de la rédaction de Nunatak seront dans le Haut-Doubs jeudi 12 mars 2020 à 20h30 pour une présentation de la revue, suivie d’échanges nourris !

Ça se passera au café-lecture L’Esperluète, 5 rue Vannolles, à Pontarlier.

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Présentations dans le Vaucluse, à Beaucet et Lauris

Le 27 février à 20h au Beaucet (84210), salle Antonella.
Ouverture à 19h pour chauffer la salle en partageant une soupe, vous apportez le reste.

Le 28 février au Café Villageois à Lauris (84360), à partir de 18h
suivi de Patrick Rochedy, un conteur de pays et d’universel !
Né « à la campagne » sa parole est ancrée dans les terres. Quand il parle de plantes, de bergères, de loups il sait de quoi sont fait ces mondes-là. Berger il l’a été, de sa famille il a hérité ce savoir, les plantes il les a récolté pour nourrir les lapins ou soigner les bronchites dès l’enfance au village, quant aux loups c’est une histoire de transmission ancestrale.

 

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Présentation des revues L’effeuillé et Nunatak

Samedi 25 Janvier 2020, à 18 h, à la Ferme des Roussets (26)

Le comité de rédaction de la revue locale indépendante du Royans « L’effeuillé », invite des participant.e.s à « Nunatak – histoires, cultures et luttes des montagnes » à partager sur nos motivations, nos manières de faire,… et répondre à toutes vos questions.

Entrée prix libre

Lieu : Ferme des Roussets, 1860 route du tram – 26190 St Jean en Royan

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Parution de Nunatak n°5 (Hiver-printemps 2019/20)

Le numéro 5 de Nunatak, revue d’histoires, cultures et luttes des montagnes, vient de paraître (il peut être  téléchargé ici). Il sera prochainement disponible en version papier (consulter la liste des lieux de diffusion )

Si vous souhaitez recevoir des exemplaires, vous pouvez nous contacter en précisant le nombre désiré ainsi que l’adresse de réception. Dorénavant, pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore fait, il est possible de s’inscrire dans notre carnet d’adresses et de recevoir les prochains numéros dès leur parution. Il suffit de nous le préciser dans votre mail ou courrier. N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez nous aider dans la diffusion, participer à la revue,  nous envoyer vos propositions de textes, d’illustrations, commentaires ou critiques.

PS : On nous glisse dans l’oreillette que des soirées de présentation seraient en préparation dans le Lubéron et en Bretagne…

 

SOMMAIRE :
Promenons-nous dans les bois/Nicole écoute aux Portes/La fin du monde, l’eau et le feu/Transhumances/Imbroglio sur le Markstein/Voyage, voyage !

 

 

 

 


Édito

La randonnée que nous allons entamer nous mènera sur des chemins escarpés où l’équilibre risque d’être difficile à tenir. Tel un funambule des montagnes, nous essayerons de ne pas chuter car il nous faudra mettre en évidence des contradictions sans tomber dans la critique facile qui vise à moraliser ou à faire culpabiliser.

Nous observons autour de nous un intérêt grandissant pour tout un ensemble de choix de vie qu’on pourrait qualifier d’alternatifs. Autonomie alimentaire ou énergétique, écoconstruction, écoles alternatives, médecines douces, régimes alimentaires divers et variés, économie sociale et solidaire, etc.

On pourrait a priori se dire « Eh bien quoi ? Chacun fait fait fait c’qui lui plaît plaît plaît, non ? » Certes. Il ne s’agit d’ailleurs pas ici de juger ce que chacun·e met dans son assiette ou comment on occupe son temps libre.
Plus questionnant par contre est le fait que ces choix de vie individuels sont très souvent présentés comme des choix militants et forts, une solution politique aux problèmes sociaux et environnementaux. Dans ce foisonnement d’alternatives, certains y verront un moyen de détruire le capitalisme, mettant ainsi en pratique la théorie dite « de la tâche d’huile » : montrer l’exemple, la voie à suivre, en incitant les autres à « s’y mettre aussi » et alors, peu à peu, le nouveau monde remplacera l’ancien. Ce mouvement ne se trouve-t-il pas amplifié par les angoisses liées à « l’effondrement programmé du capitalisme et de la planète » ?

Ces choix sont-ils réellement à la portée de tout un chacun ? Ces alternatives souvent mises en avant par des individus et groupes plutôt bien dotés culturellement et financièrement, ne délimiteraient-elles pas une nouvelle frontière symbolique des rapports de classe ? On voit d’ailleurs facilement venir les rengaines culpabilisantes envers celles et ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas appliquer ces recommandations d’usage1.
Se livrer à une démarche individuelle soit-disant vertueuse ne se ferait-il pas au détriment de perspectives collectives d’émancipation, avec ce qu’elles peuvent comporter de confrontations avec l’ordre établi ?
Et puis, ne serait-ce pas illusoire de croire à un changement fondamental des structures de cette société en s’en remettant à « si tout le monde faisait comme-ci… » ?

Nous voilà bien chargés pour continuer l’ascension. Nous tanguons. Avant de chuter vers une pente un peu trop raide, reprenons notre souffle et jetons un œil de l’autre côté de notre ligne de crête.

Ce que nous critiquons dans certaines alternatives, c’est qu’elles mettent de côté la question sociale : soit elles croient s’en exclure en vivant en marge ou au désert ; soit elles dénigrent ou nient l’importance du politique dans la société ; soit elles sont elles-mêmes nihilistes au point de ne plus rien tenter puisque « ça ne sert à rien » ; ou encore – et c’est le plus prégnant – elles n’envisagent même pas d’avoir d’impact sur la machine capitaliste, qui est pourtant ce qui nous amène à chercher des alternatives aux continuels désordres que nous vivons.
Faire pousser des légumes, se réapproprier sa santé, comprendre ce qui se passe sous le capot de sa bagnole… il y a de l’intérêt dans toutes ces initiatives qui comportent des éléments de réponses. Le gros bémol réside dans le fait de nous les présenter comme des formes de résistances au système en place.

Développer la compréhension de son corps, de sa santé et des moyens d’automédication, fait-il réellement sens si l’on se désintéresse dans le même temps des luttes pour le maintien de services dans les petits hôpitaux ou contre les déserts médicaux ? Que signifie l’investissement dans un vélo électrique pour réduire son empreinte carbone, à l’heure où les temps de trajet domicile/travail augmentent et où les petites lignes de train disparaissent ?

Plutôt que de centrer les pratiques de changement sur le collectif au sens large, les alternatives les font assumer par l’individu, la famille, ou le groupe affinitaire, ce qui à terme met l’accent sur la compétition, l’inégalité, l’atomisation, la division (sexuelle des taches, internationale du travail, des luttes etc.).

L’injonction à se gérer soi-même se retrouve à tous les niveaux. Du salarié toujours plus flexible au travailleur indépendant, en passant par le développement personnel, ou encore l’astreinte au bien-manger bien-bouger, il y a recentrage sur l’identité et l’individu qui se doit d’être autonome et performant, au détriment d’une sociabilité riche d’interdépendances. Cela entraîne un repli sur soi qui semble être une lame de fond traversant toutes les couches de la société actuelle.

Dans cette vision individualiste propre aux sociétés marchandes, chacun se bat pour soi, contre tous ou presque, pour assurer son bien-être, son niveau de vie, ses espoirs, sa sociabilité.

Là, nous sommes au point culminant, allez on redescend en rappel !

Ce qui nous paraît important, c’est de faire vivre l’expérimentation dans le champ social. Il est vain de penser pouvoir s’extraire du monde tel qu’il existe, il l’est également de rejeter toute tentative d’aller à l’encontre des rapports sociaux dominants. Expérimentons donc ! Sans chercher l’exemplarité, sans non plus nier la conflictualité et les contradictions que peuvent porter les expériences à la marge. Au-delà de nos critiques des sociétés actuelles, certaines pratiques peuvent nous faire entrevoir des rapports différents de ceux auxquels le monde marchand nous condamne.
Par contre, s’il s’agit de tout mettre à plat pour de bon, il y a fort à parier que ça ait plus la tronche du foisonnement confus du mouvement des gilets jaunes, que d’une « insurrection des consciences » bien balisée à la Pierre Rabhi se gardant bien de mettre en cause le capitalisme et les structures du pouvoir.

Nous n’avons évidemment pas de solution toute faite à proposer. Aucune ne détiendrait l’entièreté de la réponse et il en reste sûrement d’autres à inventer.

Descente terminée sans écorchures ou presque, on touche terre, bienvenue dans Nunatak n°5 !

1 À ce propos, merci aux gilets jaunes d’avoir rappelé que si on ne met pas en place des choix de consommation bio et locaux, ce n’est pas forcément parce que l’on est des abrutis, mais bien souvent parce que l’on n’en a pas les moyens.
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